Le Japon, au cours de la période Meiji – un pays fermé, isolé et féodal -décida de devenir un état moderne occidentalisé. L’empire envoya des émissaires vers des nations étrangères, rapportant techniciens et érudits de l’ouest, construisit un réseau ferré et acheva une révolution industrielle remarquablement rapide. La nation et l’Empereur comptèrent sur le support des Quatre Grands, les grands conglomérats émergeant disposant d’un grand pouvoir et d’un contrôle massif sur l’économie japonaise. Ils étaient appelés Zaibatsu et leur influence sur l’Empereur Meiji et leur importance sur le destin du Japon furent très important. Dans Nippon, les joueurs controllent leur Zaibatsu et tentent de développer leur réseau de pouvoir en investissant dans de nouvelles industries, en améliorant leur connaissance en technologie, en livrant des biens à l’étranger ou en les utilisant pour satisfaire les besoins locaux, agrandissant leur pouvoir et leur influence en supervisant l’ére d’industrialisation du Japon. Les fondations des Zaibatsu furent les tradtionnelles échoppes de soie, mais les conglomérats diversifièrent rapidement leur influence et pouvoir, en édifiant une structure de sociétés interconnectées, faisant d’eux des acteurs géants de la nouvelle ère industrielle mondiale. Chaque joueur prend les rennes d’une de ces grandes corporation et tente de la développer afin d’agrandir et exercer leur pouvoir. Pour remporter la partie, les joueurs doivent soigneusement choisir dans quels types d’industries ils doivent investir pour obtenir le plus d’influence sur les îles japonaises. Chaque action est prise dans le but de tracer leur chemin vers de nouvelles opportunités. Nippon est un jeu économique au rythme rapide proposant des décisions difficiles, ayant pour cadre un moment important de l’histoire du Japon, alors qu’une nouvelle grande nation s’éveille.
Aviperçu
Nippon ni mauv… non… juste très bon !
Après Zanghuo sorti en 2014, nous restons sur le continent asiatique pour cette fois-ci s’attaquer à Nippon, le dernier chef-d’oeuvre de l’écurie “What’s Your Game?”.
Nippon peut suffir à lui seul en une soirée, une partie se termine et hop, on en redemande (“Qui reveut du Nippooon ? Moi! moi! moi! moi!”).
Nippon, c’est du lourd, du costaud, du sérieux, mais du suspens, de l’optimisation, de la cogitation et des palpitations.
Ayant testé les parties pour 2 et 4 joueurs, il est agréable de voir que Nippon est tout aussi intéressant dans une version que dans l’autre. Le petit bijou est en effet bien équilibré.
Soyons bref : L’idée est de se faire une place sur le marché japonais en incarnant un conglomérat.
(“Pas très sexy ta mise en bouche…”). Il est vrai, le thème ne fait pas vibrer en soi. Mais vulgarisons la chose : pour avoir de l’influence, il faut produire, pour produire, il faut des machines, pour avoir des machines, il faut des fabriques, pour avoir des fabriques, il faut de la compétence, de l’argent, et du charbon .. pour pouvoir fabriquer, il faut des ouvriers … on y est !
Nippon est un jeu de pose d’ouvriers, et pour le coup, ce sont vraiment des ouvriers que l’on utilise dans une chaîne de fabrication.
A chaque tour de jeu, on a deux types de manoeuvre :
- soit on “consolide” ses ouvriers, auquel cas on se sépare de tous ses ouvriers en jeu, on récupère les bonii associés ainsi que quelques billets ..
- soit on utilise ses ouvriers pour ce à quoi ils sont destinés : construire une fabrique, produire etc … On peut également pourvoir ses fabriques en accès aux trains et aux bateaux, diversifier ses productions … Tout se tient.
Dans Nippon il n’y a pas une seule stratégie, il y en a plusieurs.
Nippon est un jeu de programmation où un coup fourré s’étalle sur plusieurs tours. Ainsi, on peut suivre plusieurs stratégies mais on ne peut pas les suivre toutes à la fois.
En fonction des récompenses obtenues durant la partie, on peut choisir des coefficients multiplicateurs sur tel ou tel élément. Il faut donc choisir sur quelle stratégie on part (trains, bateaux, compétence, fabriques etc.. ) et s’y tenir jusqu’en fin de partie.
On gagne des points de victoire en cours de jeu mais également durant le décompte final.
Le grand point positif est que l’implantation sur le marché existant ne se fait pas d’un claquement de doigts : le marche existant porte bien son nom.. il est existant ! (“Bien vu Lulu !”).
C’est à dire que vous pouvez arriver le premier avec vos points d’influence sur le marché, vous n’êtes pas pour autant le winner : c’est sans compter avec les points déjà en place. De plus le Japon n’est pas très grand, il va falloir jouer des coudes avec vos adversaires!
Nippon est illustré par Mariano Iannelli, un designer classique chez ‘What’s Your Game?’, offrant un jeu beau (on aime ou pas) et coloré.

C’est un jeu finalement très paradoxal : costaud, il se digère pourtant très bien. (“Comme une bonne bouteille, tu peux en boire une grande quantité, tu n’auras pas de gueule de bois le lendemain”).
Pour ma part j’ai du mal à classifier sa difficulté : les règles le classent comme costaud à n’en pas douter, mais la mécanique est tellement bien huilée, qu’on ne ressent justement pas cette lourdeur.
Selon moi, un tel sentiment est synonyme de “excellent jeu” !
Les amatteurs de gourmandise en auront pour leurs papilles !

Résumé des règles
Règles complètes
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