Food Chain Magnate

« De la limonade ? Ils veulent de la limonade ? Où va le monde ? Je veux des publicités pour les hamburgers sur toutes les chaînes, toutes les 15 minutes. Nous sommes la patrie du burger original, pas un havre de santé hippie. Et placez un panneau d’affichage à côté de cette nouvelle maison au coin de la rue. Je veux qu’ils aient envie de bière à chaque seconde où ils s’assoient dans leur nouveau jardin chic. »
Le nouveau stagiaire en gestion tremble devant le PDG et essaie de faire remarquer poliment que… «Comment ça, nous n’avons pas assez de personnel ? Le directeur des ressources humaines est sous vos ordres. Embauchez plus de gens ! Formez-les ! Mais quoi que vous fassiez, ne leur payez pas de vrai salaire. Je ne me suis pas lancé en affaires pour devenir pauvre. Et virez cette responsable de magasin discount, elle ne me coûte que de l’argent. À partir de maintenant, nous vendrons des hamburgers gourmet. Même connerie, le double prix. Faites venir mon directeur marketing ici ! »

Aviperçu

Y’a t’il parmis vous des joueurs avérés et qui ont grand faim?
Ca tombe bien, Splotter Spellen as prévu un jeu rien que pour vous! Vous pourrez y parler victuailles et production alimentaire, mais pas que! … Vous serez surtout censés faire fructifier votre propre chaîne de fast foods, inonder les honnêtes gens de vos publicités intempestives, vendre et produire toujours plus… mais qu’importe, l’important est que de gagner non ?

Food Chain Magnate est en effet un pur jeu capitaliste. Vous l’aurez compris, le but est de gérer au mieux votre propre chaîne de restaurants.

Il y a plusieurs points clefs pour cela :

  • Il conviendra tout d’abord de choisir votre type de restaurant : préférez-vous le canard, le poulet, les pizzas, les burgers ou juste un bar ? (“Humm, j’en ai l’eau à la bouche”) … puis de recruter votre CEO : vous!
  • Vous devrez choisir un bon emplacement, eu égard aux habitations environnantes. Le but étant bien sûr de pouvoir répandre votre publicité de la façon la plus optimale qui soit.
  • Ensuite, avec vos petits moyens en poche (l’argent est rare dans FDM), vous allez commencer par recruter des employés, comme par exemple un apprenti cuistot, un livreur, une serveuse, une recruteuse.
    Le but étant de commencer petit, et de grossir peu à peu. (“C’est normal, c’est du fast food!”)
  • Il conviendra ensuite de produire, de vendre ses repas aux personnes ayant été alléchées par votre publicité ..
  • … Pour enfin améliorer votre entreprise, faire évoluer vos employés, créer de nouveaux postes, recruter de nouvelles personnes, gagner plus d’argent, et enfin, prouver que le roi de l’assiette, c’est vous!

Voilà les grandes lignes. Succulent.


Entre elles se dressent de formidables leviers qui font tout le charme du jeu.. et rendent ce jeu si complexe et si intéressant.
Je m’explique : faire de la pub, c’est bien, encore faut-il honorer les commandes, car un client affamé non satisfait vous ferait du tort.
Vous l’aurez compris, vous devrez faire un maximum de pub pour promouvoir votre activité, mais à la fois, vous devez gérer votre rendement de production, tout est une question de jauge.

De nombreux artéfacts vraiment nécessaires viennent pimenter le jeu. Vous pouvez concourir pour des objectifs bien définis :

  • Qui dit “restaurant” dit “denrées périssables”… un frigo est un must have pour ne pas devoir jeter vos productions après un court laps de temps.
  • (première pizza produite, le premier à avoir 100$, le premier à engager 3 personnes en un tour etc…).

Rapido-règles

Règles complètes

Nippon

Le Japon, au cours de la période Meiji – un pays fermé, isolé et féodal -décida de devenir un état moderne occidentalisé. L’empire envoya des émissaires vers des nations étrangères, rapportant techniciens et érudits de l’ouest, construisit un réseau ferré et acheva une révolution industrielle remarquablement rapide. La nation et l’Empereur comptèrent sur le support des Quatre Grands, les grands conglomérats émergeant disposant d’un grand pouvoir et d’un contrôle massif sur l’économie japonaise. Ils étaient appelés Zaibatsu et leur influence sur l’Empereur Meiji et leur importance sur le destin du Japon furent très important. Dans Nippon, les joueurs controllent leur Zaibatsu et tentent de développer leur réseau de pouvoir en investissant dans de nouvelles industries, en améliorant leur connaissance en technologie, en livrant des biens à l’étranger ou en les utilisant pour satisfaire les besoins locaux, agrandissant leur pouvoir et leur influence en supervisant l’ére d’industrialisation du Japon. Les fondations des Zaibatsu furent les tradtionnelles échoppes de soie, mais les conglomérats diversifièrent rapidement leur influence et pouvoir, en édifiant une structure de sociétés interconnectées, faisant d’eux des acteurs géants de la nouvelle ère industrielle mondiale. Chaque joueur prend les rennes d’une de ces grandes corporation et tente de la développer afin d’agrandir et exercer leur pouvoir. Pour remporter la partie, les joueurs doivent soigneusement choisir dans quels types d’industries ils doivent investir pour obtenir le plus d’influence sur les îles japonaises. Chaque action est prise dans le but de tracer leur chemin vers de nouvelles opportunités. Nippon est un jeu économique au rythme rapide proposant des décisions difficiles, ayant pour cadre un moment important de l’histoire du Japon, alors qu’une nouvelle grande nation s’éveille.

Aviperçu

Nippon ni mauv… non… juste très bon !

Après Zanghuo sorti en 2014, nous restons sur le continent asiatique pour cette fois-ci s’attaquer à Nippon, le dernier chef-d’oeuvre de l’écurie “What’s Your Game?”.

Nippon peut suffir à lui seul en une soirée, une partie se termine et hop, on en redemande (“Qui reveut du Nippooon ? Moi! moi! moi! moi!”).

Nippon, c’est du lourd, du costaud, du sérieux, mais du suspens, de l’optimisation, de la cogitation et des palpitations.

Ayant testé les parties pour 2 et 4 joueurs, il est agréable de voir que Nippon est tout aussi intéressant dans une version que dans l’autre. Le petit bijou est en effet bien équilibré.

Soyons bref : L’idée est de se faire une place sur le marché japonais en incarnant un conglomérat.
(“Pas très sexy ta mise en bouche…”). Il est vrai, le thème ne fait pas vibrer en soi. Mais vulgarisons la chose : pour avoir de l’influence, il faut produire, pour produire, il faut des machines, pour avoir des machines, il faut des fabriques, pour avoir des fabriques, il faut de la compétence, de l’argent, et du charbon .. pour pouvoir fabriquer, il faut des ouvriers … on y est !
Nippon est un jeu de pose d’ouvriers, et pour le coup, ce sont vraiment des ouvriers que l’on utilise dans une chaîne de fabrication.

A chaque tour de jeu, on a deux types de manoeuvre :

  • soit on “consolide” ses ouvriers, auquel cas on se sépare de tous ses ouvriers en jeu, on récupère les bonii associés ainsi que quelques billets ..
  • soit on utilise ses ouvriers pour ce à quoi ils sont destinés : construire une fabrique, produire etc … On peut également pourvoir ses fabriques en accès aux trains et aux bateaux, diversifier ses productions … Tout se tient.

Dans Nippon il n’y a pas une seule stratégie, il y en a plusieurs.
Nippon est un jeu de programmation où un coup fourré s’étalle sur plusieurs tours. Ainsi, on peut suivre plusieurs stratégies mais on ne peut pas les suivre toutes à la fois.
En fonction des récompenses obtenues durant la partie, on peut choisir des coefficients multiplicateurs sur tel ou tel élément. Il faut donc choisir sur quelle stratégie on part (trains, bateaux, compétence, fabriques etc.. ) et s’y tenir jusqu’en fin de partie.

On gagne des points de victoire en cours de jeu mais également durant le décompte final.

Le grand point positif est que l’implantation sur le marché existant ne se fait pas d’un claquement de doigts : le marche existant porte bien son nom.. il est existant ! (“Bien vu Lulu !”).
C’est à dire que vous pouvez arriver le premier avec vos points d’influence sur le marché, vous n’êtes pas pour autant le winner : c’est sans compter avec les points déjà en place. De plus le Japon n’est pas très grand, il va falloir jouer des coudes avec vos adversaires!

Nippon est illustré par Mariano Iannelli, un designer classique chez ‘What’s Your Game?’, offrant un jeu beau (on aime ou pas) et coloré.

Nippon

C’est un jeu finalement très paradoxal : costaud, il se digère pourtant très bien. (“Comme une bonne bouteille, tu peux en boire une grande quantité, tu n’auras pas de gueule de bois le lendemain”).
Pour ma part j’ai du mal à classifier sa difficulté : les règles le classent comme costaud à n’en pas douter, mais la mécanique est tellement bien huilée, qu’on ne ressent justement pas cette lourdeur.
Selon moi, un tel sentiment est synonyme de “excellent jeu” !

Les amatteurs de gourmandise en auront pour leurs papilles !

Nippon

Résumé des règles


Règles complètes


The Gallerist

L’Art et le Capitalisme ont généré un nouveau métier, le Galeriste. Combinant les talents d’un marchand d’art, d’un conservateur de musée ou encore d’un agent d’artistes. Vous êtes sur le point d’accepter le poste… Vous allez découvrir et faire grandir de nouveaux artistes : acheter, exposer, vendre leurs oeuvres et vous forger une réputation internationale. Finalement, vous pourrez acquérir le respect de la profession, vous permettant d’attirer les visiteurs du monde entier dans votre galerie. Il y a beaucoup de travail à accomplir, mais vous pouvez compter sur l’aide d’assistants prêts à être embauchés. Ce ne sont pas les passionnés d’art qui manquent, espérant travailler avec une personne de votre renommée. Dirigez votre galerie et accéder à la fortune.

Aviperçu

Le dernier bébé de Vital Lacerda, l’auteur de Vinhos, Kanban, C02.
Alors là, attention … c’est du serieux !
The Gallerist est à la fois complexe et jouissif.
Le genre de jeu costaud auquel on s’attèle, on prend connaissance du jeu en réfléchissant aux tenants et aboutissants au fur et à mesure que les règles arrivent.
Le thème est tellement présent que les règles coulent malgré tout de source.

Dans The Gallerist, vous incarnez le directeur d’une galerie d’art.
A chaque tour vous avez le choix entre différents types d’actions principales:

  • Les actions concernant les artistes : on peut découvrir un nouvel artiste ou bien se procurer une oeuvre.
  • Les actions concernant les contrats : on peut choisir un contrat pour plus tard vendre une de ses oeuvres.
  • Les actions concernant la renommée à l’étranger : permet de se positionner pour la dernière enchère finale.
  • Les actions concernant sa propre gallerie : gagner/perdre de l’influence ou recruter des assistants …

Suite à cela, des actions facultatives sont possibles à savoir utiliser ses assistants (oui parce qu’on a des assistants) pour effectuer quelques basses besognes mais ô combien utiles ..

Ce (très) condensé de règles donne le LA en matière des choix qui s’offrent à nous.
Plus globalement, le principe est de découvrir des artistes, de leur acheter des oeuvres, de leur faire gagner de l’influence, pour soi-même en profiter et inversemement, de gérer sa gallerie et ses assitants que l’on utilise, de vendre ses oeuvres au meilleur prix etc …. le tout sous-couvert de visiteurs qui viennent visiter votre galerie.
Encore faut-il les attirer jusque dans nos murs, pour cela il est possible de gagner des tickets d’entrée et ainsi remplir sa gallerie d’amateurs d’art..

MythicBattles

The Gallerist est un jeu très fin qui se délecte en bonne compagnie, mais qui reste un cérébral killer (“Un quoi?..”) : au bout de plusieurs parties on découvre encore des surprises et le jeu n’a pas fini de livrer tout ses secrets tellement les possibilités sont nombreuses.
Ce jeu tire sa finesse dans les actions à jouer : chaque choix fait a un impact certain sur le reste de la partie. Je n’irai pas jusquà dire qu’une seule erreur plombe la partie (“En es-tu sûr Arthur ?”) mais il est clair que chaque action nécessite de la réflexion et doit être préparé avec minutie.
Les conséquences sont grandes, et vos chances de remplir vos objectifs de fins de partie seront emoussées.

La taille du plateau joue énormément aussi : on se retrouve serrés comme des sardines avec les autres joueurs, si bien que le plateau devient le jeu de la chaise musicale. En effet il est possible de laisser des assistants derrière soi, vous assurant un coup à jouer lorsqu’un adversaire choisi la même action juste après vous.

C’est un jeu qui n’est pas fun à proprement parler mais gérer sa galerie sous ce thème extrêmement plaisant, avoir son moteur qui marche à merveille (ou pas), et arriver à ses fins en domptant le mastodonte est vraiment excitant.

Pour agrémenter le tout, le matériel est tout simplement magnifique. Des oeuvres illustrées, des petits chevalets, des meeples, des tickets, des sous, des cubes… du beau matos de qualité. (“La boîte en elle-même est déjà belle alors vous pensez si le reste.. ma bonne dame”).

Il est clair qu’on ne se lance pas dans The Gallerist au gôuter en avalant 2-3 tartines à la place de jouer aux petits chevaux. Il faut s’y préparer, se dire qu’on se lance dans du lourd, mais qu’on va en ressortir ravi.

Un jeu pour une longue soirée, ou bien un dimanche après-midi sous la pluie.

C’est du lourd, du dur, du beau, du magnifique, du plaisant, du bon gros jeu qui nous fait découvrir de nouveaux neuronnes.

Résumé des règles


Règles complètes